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04/03/2008

la télévision publique sans publicité

La télé publique privée de publicité, un scandale ? Une solution pour un mieux disant culturel ? N’ai-je pas déjà entendu cela pour la privatisation de TF1 ?

Mais trêve de badineries, avant de se poser la question du financement de la télévision publique ne faudrait-il pas réfléchir aux buts et devoirs d’une télévision publique, qu’elle se compose d’une ou de plusieurs chaînes de diffusion ?

Un petit rappel historique. Dans les années de sa création, la télévision française, la RTF, était la voix de la France. Il n’était pas de mise d’être une télévision insolente et encore moins marchande et irrévérencieuse, elle se devait d’informer et de divertir le peuple Français dans un cadre strict, contrôlé par le ministère de l’intérieur. L’arrivée d’une deuxième chaîne permit un léger relâchement de ce contrôle, même si au niveau de l’information la pression était toujours aussi forte. N’oublions pas la déclaration du président de la république, M. Georges Pompidou qui, en ces termes, précisait: un journaliste travaillant pour la télévision ou la radio Française n’est pas un journaliste comme un autre. Même si la publicité arriva en 1968, cela ne changea pas grand chose, la concurrence entre les chaînes était nulle. Je me souviens à ce sujet qu’il y avait des chiffres clignotants (1 ou 2) prévenant du début imminent d’une émission sur l’autre chaîne. L’ORTF (L’Office de Radio et de Télévision Française) vivait là ses meilleurs années. Composé de TF1, Antenne 2, avec en prime France 3 en 1972, de radio France et de radios satellites , de La SFP (société française de production) qui regroupait tous les moyens techniques lourds de production et enfin de l’INA (Institut National de l’Audiovisuel) chargé de conserver les enregistrements de tous les programmes. Nous avions un outil merveilleux mais lourd à gérer. Les stars de l’antenne existaient, mais le public avait pour elles de la considération et du respect et celles-ci jouaient guère au people que nous connaissons de nos jours. Les chaînes de télévision fabriquaient elles-mêmes la majorité des programmes avec leurs outils et techniciens propres ou passaient par le biais de la SFP. Ces programmes étaient d’une diversité et d’une qualité indéniables, car les projets étaient portés par des «produc-teurs» ou plus exactement des responsables du projet (réalisateurs, écrivains, comédiens, techniciens) et la gestion du budget réservée à la chaîne de télévision. Rares étaient les émissions fabriquées par des sociétés de production extérieures.

Un nouveau président, M. Giscard D’Estaing, voulut imprégner un autre esprit à tout cela et dirigea plusieurs réformes. Son tour de force fut l’éclatement de l’ORTF en sept sociétés indépendantes. Puis, il incita la perte du privilège, délivré aux chaînes publiques, de produire et fabriquer leurs propres produits, pour donner un coup de fouet à la production audiovisuelle française.

Mais cela créa des délits d’initiés : les bénéficiaires de cette réforme furent les présentateurs vedettes et les responsables d’unités de programmes de ces mêmes chaînes qui firent naître leurs maisons de production et récupérèrent ainsi un grand nombre de contrats. Il en résulta des «magouilles» d’un genre nouveau. Quand un projet d’émission était accepté par une unité de programme (fiction, documentaires, divertissements, jeunesse etc.), son budget était déterminé, après une vive discussion avec le porteur du projet, par l’atelier de production qui gérait ce budget et décidait des moyens techniques et humains à utiliser, moyens qui dépendaient de la chaîne. Il n’était pas rare de constater que le responsable d’une unité de programmes griffonnait une idée, qu’il déposait, pour la protéger, chez une société d’auteurs, confiait ensuite son idée à des créateurs (scénaristes, réalisateurs etc.) pour qu’ils la travaillent et la développent sans aucun risque, car le projet, proposé par une société de productions qui aurait des liens secrets avec le responsable de l’unité des programmes, serait forcément accepté par le dit responsable. Il arrivait parfois que ce même responsable avait obtenu le privilège de réaliser un projet d’émission tous les six mois et la boucle était bouclée. Auteur de l’idée, une rémunération en droits d’auteurs, responsable d’une unité de programmes, un salaire mensuel conséquent, actionnaire discret d’une boite de productions amie, des commissions confidentielles, réalisateur du projet, un salaire honnête d’un technicien intermittent avec en prime des droits d’auteurs.

L’éclatement des sociétés audiovisuelles de l’état et la concurrence des nouvelles maisons de production amenèrent un vent de panique qui déstabilisa tous les personnels liés à la production audiovisuelle. Les chaînes, n’ayant que le contrôle sur le contenu, tentèrent de diminuer les coûts de fabrication d’une part, mais comme la publicité prenait un rôle important dans leurs budgets, elles subirent progressivement leurs règles du jeu. La concurrence était née, la course à l’audience venait de naître. Cette situation se dégrada avec l’arrivée des chaînes privées : Canal plus, LA cinq Berlusconienne et TF1. Ces chaînes proposaient des programmes soit recherchés : sport et cinéma pour canal plus soit paillettes et grand public pour les deux autres. Ratissant large, ces chaînes recueillirent une grande partie des annonces publicitaires. Il fallait que le service public réagisse pour reconquérir un public perdu, sans se poser la question essentielle : quel service devait fournir ces chaînes d’état ? Alors les dirigeants ont réagi, ils ont osé. Le cri a été poussé par le nouveau président de France 2,
M. Elkabach, qui a osé, pour équilibrer son budget, faire venir dans l’antre public des animateurs producteurs vedettes. Il a même poussé l’excès à leur favoriser, avec des fonds publics, la création de leur société de production et leur assurer un volume de créations sur la chaîne. L’équilibre a été atteint, mais la télévision trash venait de naître.

Les émissions de télé réalité s’épanouirent intensivement sur toutes les chaînes privées, au détriment d’autres émissions plus «intelligentes». Le vide et le néant étaient filmés et diffusés, il suffisait de paraître à l’écran pour devenir une «star médiatique» reconnue. Il ne fallait plus avoir un talent quelconque pour avoir le privilège d’être montré à la télévision, non juste être et la gloire était au rendez-vous. Le public voyait là un moyen de devenir une star rapide, sans contrepartie réelle née d’un talent sortant de l’ordinaire. Le rêve était à la portée de tout un chacun. Des légendes étaient nées du néant et créaient des modèles de vide que certains adolescents idolâtrèrent. Le phénomène contamina les chaînes publiques qui, si elles évitèrent les lofts et autres Kolanta, ne se privèrent pas à donner la parole à des gens ordinaires qui, sans pudeur, racontaient leur misérable vie. Chacun aura son quart d’heure de gloire, la télévision concrétisa la formule et continue de la concrétiser pour viser une audience plus importante pour satisfaire les annonceurs publicitaires. Alors débarrassons-nous du mal du siècle: la publicité et les programmes seront de meilleure qualité, puisqu’ils ne seront plus contraints de subir l’audimat et donc de la pression des annonceurs publicitaires qui veulent avant tout rentabiliser leurs messages. Point de message à la Lelay qui déclarait sans vergogne: «Pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible !»

Mais pour fabriquer une télé de qualité honnête, il faut des moyens techniques et humains et donc financiers. Alors comment faire quand on vous impute près de
800 000 000 € par an ? Des pistes ?

Le retour à la fabrication des programmes et de leur par les chaînes.
Créer de la concurrence interne et donc prendre des risques: ne pas se contenter d’adapter des concepts qui ont marché ailleurs pour les appliquer sur nos antennes.
Favoriser un bon concept original d’émission, même s’il est proposé par un «inconnu», plutôt que d’accepter un mauvais concept d’émission proposé par un producteur animateur vedette.
Limiter le nombre de productions d’une même société de production pour éviter qu’une dizaine de maisons de productions ne se partagent les tranches horaires d’un grand nombre de chaînes d’état.
Limiter l’existence d’une émission, quelle qu’elle soit, à 5 années.
Ce genre de propositions permettraient une concurrence acharnée, une baisse des coûts, moins de grosses marges réservées aux producteurs animateurs vedettes. La programmation et la gestion des émissions par les chaînes permettraient un meilleur suivi, une meilleure vision globale d’une politique cohérente pour des chaînes publiques.

Progressivement augmenter la redevance pour dans les 10 ans atteindre les 150€
Appliquer la redevance aux usagers qui possèdent aussi des téléviseurs dans leur résidence secondaire.

Permettre aux annonceurs publicitaires de parrainer des émissions. On leur soumet le concept de l’émission, ils acceptent ou refusent l’offre. Si ils acceptent, ils auront droit d’insérer trois «billboard» (carton animé et sonore de 5 à 8 secondes) pour présenter la société, au début, au milieu et à la fin de l’émission. Ces unions permettront aux annonceurs, en relation avec l’émission, d’améliorer leur image et à la chaîne de trouver des moyens financiers différents, moyens qui pourront être partagés ainsi : 50% pour la chaîne, 50% pour le budget de l’émission.

Créer sur une des chaînes publiques une tranche régulière à heure fixe qui proposerait des publireportages sur les activités de sociétés, en respectant un certains nombre points et contraintes définies par les deux parties.

Permettre à certaines antenne régionales de fabriquer pour des acteurs économiques de leur secteur des produits audiovisuels utilisant ainsi le matériel dont elles disposent et qui est souvent sous employé et de faire travailler son personnel technique et artistique de la région.

Ce sont des pistes à creuser. Si de votre côté, vous avez des idées, n'hésitez pas à les exposer ici en, un premier temps, répondant à cette note, puis de mon côté que j'affichera en rappellant à quel texte votre réponse fait référence. A vous lire, à vous exposer.

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